2010
LA
GRANDE CUEILLETTE DE L'ESPOIR
Pousser plus loin nos propres frontières artistiques et tenter la création d’une œuvre théâtrale à plusieurs centaines de mains. Propulser notre projet singulier pour qu’il devienne pluriel; transporter une parole… du public vers l’artiste et de l’artiste vers le public; c’est la rencontre des deux qui m’intéresse et leur influence mutuelle. De la recherche, à l’écriture, à la direction d’acteurs et à la mise en représentation, laisser percuter les idées, questionner les formes tant dans l’écriture que dans l’esthétique. Sans cesse d’explorer de nouvelles avenues sans jamais hésiter à remettre en question nos propres façons de créer. Le but, faire de l’événement théâtral un moment d’intimité et de partage ou acteurs et spectateurs se sentent en lien, où la représentation théâtrale prend son sens.
Angèle Séguin
Nous vivons actuellement une étape décisive dans l’histoire de l’humanité. Nos traditions conjuguées à la situation actuelle de la planète nous indiquent que nous en sommes à une période-clé. La façon dont les situations évolueront dépendra de notre façon à nous d’agir. Dans cette perspective, il devient de plus en plus important que les Arts continuent à jouer un rôle déterminant dans la création de nouveaux espaces de dialogue.
La Grande Cueillette de l’Espoir c’est la rencontre de vingt pays, six continents et près de 2000 pages d’écriture venues de 400 jeunes âgés de 12 à 18 ans qui nous donnent à entendre leur battement humain. Ce sont leurs mots, leurs rythmes, leurs histoires et leurs silences que trente jeunes artistes du théâtre, de la danse et de la musique, venus des six continents, donneront à entendre dans la création de La Grande Cueillette de l’Espoir à Belém. Un grand moment de théâtre où cette co-création internationale porte l’espoir de voir se réaliser un des plus grands enjeux du 21e siècle qui est, sans aucun doute, celui de donner une voix à tous les humains.
La Grande Cueillette de l’Espoir c’est transporter la création théâtrale au cœur de la vie des gens; retrouver leur parole brute, libre et colorée, laquelle s’inscrira intégralement au cœur de la création. Faire de la création artistique un creuset qui favorise le développement d’un sentiment d’appartenance et de fierté à son milieu et à sa culture. Unir artistes et citoyens pour, ensemble, devenir des créateurs/passeurs d’idées et insuffler un regard nouveau.
Dans cette longue démarche de création, il nous a fallu mettre en place une méthodologie claire et efficace pour tous les continents. Afin de recueillir la parole des jeunes, nous leur avons fourni un Manuel d’accompagnement et des Carnets de parole préparés en quatre langues. Pour y arriver, il aura fallu un travail assidu de Sylvia Rolfe, directrice des liens avec la communauté et directrice du réseautage international de la Grande Cueillette de l’Espoir avec la précieuse collaboration de Cris Anthony Gonsalez, directeur de Young IDEA, PETA
La Condensation
Du 25 janvier au 5 février 2010
L’équipe qui a participé à la Condensation des textes:
De Sherbrooke, Québec, Canada:
• Angèle Séguin,
auteure, metteure en scène et directrice artistique et générale
du Théâtre des petites lanternes (TPL) depuis sa fondation. Son
travail artistique lui a valu plusieurs reconnaissances tant au Québec
qu’à l’étranger. Elle dirige la création internationale
de La Grande Cueillette de l’Espoir pour IDEA, Belém, Brésil
2010.
• Sylvia Rolfe, directrice
des liens avec la communauté au Théâtre des petites lanternes
depuis sa fondation. Elle a œuvré pendant près de 25 ans comme
infirmière en CLSC et comme chef d’administration des programmes. Elle
collabore activement à la recherche et au développement de toutes
les créations du TPL.
• Sylvie Baillargeon,
comédienne et costumière, membre de l’équipe du TPL qui
se rendra à Belém.
• Julie Béchard,
musicienne, percussionniste, membre de l’équipe du TPL et directrice
musicale de la Grande Cueillette de l’Espoir à Blém.
• Viviane Champagne,
comédienne, auteure et metteure en scène, membre de l’équipe
du TPL qui se rendra à Belém.
• Alexandre Tessier,
comédien, animateur, et acrobate, membre de l’équipe du TPL
qui se rendra à Belém.
• Nathaniel Allaire-Sévigny,
comédien, animateur, metteur en scène et jeune artiste du TPL
qui représentera le Canada à Belém au Brésil.
• Vanessa Stass, directrice
de tournée, traductrice et membre de l’équipe du TPL qui se
rendra à Belém.
• Pierre Javaux, cinéaste et documentariste, membre de l’équipe
du TPL qui se rendra à Belém.
• Michel Charbonneau,
éclairagiste et directeur technique, membre de l’équipe du TPL
qui se rendra à Belém.
• Amélie Bergeron,
comédienne, metteure en scène, animatrice et improvisatrice
et artiste collaboratrice au TPL.
• René Béchard,
musicien, compositeur, chef d’orchestre et artiste collaborateur au TPL.
De London, Ontario, Canada:
• Kip Longstaff
• Nicholas Longstaff
De Lima, Pérou:
• Cesar Antonio Escuza Norero,
metteur en scène et directeur artistique de Vichama Teatro, Villa El
Salvador, Lima, Pérou. Il est le directeur artistique de Vichama Teatro
depuis aujourd’hui 26 ans. Vichama propose un théâtre étroitement
lié au contexte social et politique de la communauté, comme
une affirmation de l'identité collective.
• Marie-Ève Gougeon, membre de Vichama Teatro et traductrice.
Avec des collaborations montréalaises notamment:
• Mélanie Riverain, membre de Vichama Solidarité et traductrice
De Hong Kong, Taïwan et Mainland China:
• Pei Xuan Wan (Christa),
Femme de théâtre chinoise, Pei Xuan Wan a développé
son travail artistique autour de l’approche d’Augusto Boal au Centre of Theater
of The Oppressed Taiwan (C.T.O.T.W.). Elle porte un regard quant à
la place du théâtre et de la parole citoyenne en Asie et plus
spécifiquement dans le contexte chinois actuel.
• Kuo Chiang Long (Gerald), Chief Director of Administration of The Center of Theater of The Oppressed, Taiwan (C.T.O.T.W.)
• Wai-Yin Kwok, femme de théâtre HongKongaise et traductrice.
Avec la précieuse collaboration de Johanne Ash, Nicole Cuer-Arcand, Mylène Brouillet, Lynne Rochon, Guy De Gagné et Bernard Baril.
Presque tous les Carnets de parole nous sont revenus et depuis deux semaines, des artistes d’ici, de l’Asie, de l’Amérique du Sud et de l’Europe travaillent à pied d’œuvre avec le Théâtre des petites lanternes pour cette étape cruciale de la création que nous appelons « la condensation des textes ». Écrire demande humilité et courage et nous convie à une rencontre avec notre intimité et notre humanité. : Québec/Canada • Ontario/Canada • États-Unis • Belgique • Islande • Croatie • Grèce • Inde • Brésil • Pérou • Colombie • Cuba • Philippines • Chine • Taïwan • Hong Kong • Burkina Faso • Zimbabwe • Afrique du Sud. Vingt pays (et +), six continents, près de 2000 pages d’écriture venues de 400 jeunes essentiellement âgés de 12 à 18 ans. Sept jours de lecture, d’échanges, d’émotions. Tant à dire… tant à lire. Et L’Espoir?
Ces gens ce soir, autour d’une table, qui projettent
sur la feuille leurs mots, leurs sentiments, leurs idées, leurs rêves…
Avec ouverture, réserve, avec ou sans scrupule, révélant
des recoins de leur âme…
Communiquent à l’univers tout entier, par cet exercice, une parcelle
d’eux.
C’est ça le partage…
Mes pensées seront dites haut et fort.
Je serai là.
Pour une fois personne ne va parler pour moi.
Personne.
Une citoyenne-écrivante
Qu’est-ce que l’espoir?
Ensemble pendant deux semaines, la question ne nous quitte pas. Il nous faut
nous y arrêter. Plus en profondeur. Comment l’espoir se manifeste-t-il
à l’intérieur de nous? Comment savons-nous que ce que nous ressentons,
c’est de l’espoir? L’Espoir existe-t-il en lui-même? Seul? Une turbulence
de questions nous traverse depuis plus d’une semaine. Alors nous nous arrêtons.
D’abord y répondre nous. Et c’est Nathaniel qui prendra la plume pour
écrire ce que nous lui disons avec nos mots, nos gestes, nos silences..
Dans le monde bouleversé et bouleversant dans lequel nous évoluons tant bien que mal, la question de l’espoir en est une qui dépasse la simple théorisation des états. Comment se manifeste l’espoir dans notre corps? Dans notre cœur? Est-il plus fort chez les faibles ou les forts? Chez les riches ou les pauvres? Le sujet a rapidement interpellé tous les participants de la première condensation. Rapidement submergés par la complexité et l’étendue de la question, nous avons décidé de nous laisser porter par cette interrogation lors de notre première lecture.
Respecter l’œuvre.
Pour porter fidèlement à la scène les témoignages des écrivants du globe, il nous fallait considérer avec attention les contextes socio-politico-culturo-historiques de chaque pays. Bien s’imprégner de ce contexte nous semblait essentiel pour conserver l’intégrité et la justesse des mots écrits. Chaque témoignage ne prenant pleinement son sens que dans l’environnement dans lequel il fut rédigé. Chaque ville participante se dévoilait à nous au travers les écrits de ses écrivants. Être à l’écoute d’une autre réalité, la leur, sans porter de jugement, et en extirper la moelle et l’exposer aux autres.Différences et similitudes
Certains écrivants se sont abandonnés au jeu, d’autres semblaient rédigés sous l’œil aiguisé de l’Ordre Social. Certains vivaient au quotidien avec leur foi en Dieu, d’autres avec Facebook. Certains étaient des étrangers dans un pays d’accueil, d’autres se sentaient étrangers dans leur propre pays. Nous avons vu la lutte entre l’égocentrisme et la conscience humaine (voir humanitaire). Nous en avons vu le paradoxe; à la fois centrés sur eux, mais vers l’autre.
Puis...
Puis, les mêmes peurs. Celles de perdre un être cher, d’être seul, de « mourir vivant ». Puis, les mêmes préoccupations environnementales. Sans eau, pas de vie; « Nous sommes l’eau ». Puis, la même conscience. Accepter le problème sans trop s’y résigner. Poser de petits gestes en souhaitant qu’ils grandissent. Savoir qu’il faut agir, mais vif du désarroi de ne pas savoir comment s’y prendre.Vivre l’œuvre.
C’est avec respect que nous avons reçu leurs paroles. C’est en relation d’intimité que nous avons capté l’essence de leurs textes. C’est ému que nous avons saisi leur bonté et leur intelligence. C’est au travers leurs rires, leurs larmes, leurs sourires que nous avons vécu joies et tristesses, colère et impuissance. C’est au travers leurs poésies, leurs idées, leurs volontés que nous avons vécu extase et peur, inconfort et empathie. Mais surtout, c’est par ce qu’ils sont, intègres, sincères et vrais, que nous avons vécu l’espoir.La responsabilité qui nous habite.
« Vous qui nous lisez, si vous nous entendez, dites-nous quoi faire ». Un cri. Notre désarroi. Notre impuissance. Nos cœurs qui battent au rythme de leur conscience, de leur éveil au monde. Nous ne savons pas comment nous y prendre nous non plus pour changer tout ça. Mais frappés par la force des mots et des maux, nous avons laissé nos cœurs s’ouvrir à une langue nouvelle. Une langue jeunesse qui ne se sent pas écoutée. Une langue jeunesse qui a besoin d’être entendue. Une langue jeunesse déjà vieile de son histoire. Une langue jeunesse qui se cherche. Une langue jeunesse qui dépose sa voix dans nos mains pour qu’à notre tour, nous la portions haut et fort.
Six continents donnent à entendre leur battement humain et, inspirés
de leurs mots, de leur rythme, de leurs histoires et de leurs silences aussi,
il nous faudra construire un nouveau battement.
Dans les jours qui suivront, le Théâtre des
petites lanternes, en collaboration avec IDEA 2010, Belém, Brésil,
mettra en place un important Panel-Rencontre-Échange sous le thème
:
Dans les jours qui suivront, nous poursuivrons notre travail afin de jeter les bases de cette création. S’est alors joint à nous depuis le Panel Jean-Henri Drèze Homme de théâtre, vice-président du Centre belge de l’Institut International du Théâtre (IIT), expert auprès du Comité consultatif international pour la seconde « conférence mondiale sur l’éducation artistique » de l’UNESCO 2010. Nous avançons à petit pas car plusieurs défis logistiques se posent à nous,. Qui plus est, nous ne savons pas encore combien de jeunes artistes pourront se rendre à Belém, la crise mondiale actuelle a eu pour effet de mettre un frein important sur les sources de financement possibles. Mais nous sommes en marche et plus que jamais nous sommes convaincus que l’art est indissociable à notre développement et à celui de nos communautés L’art porte une vision d’avenir, permet le rêve, ouvre de nouveaux espaces où tout peut devenir possible. Portons ensemble une vision d’avenir.
A Grande Colheita de esperança
Vivemos atualmente numa etapa decisiva na história da humanidade. As
nossas tradições e uma análise da situação
do planeta nos indicam que estamos num período-chave. A forma nas quais
as situações evoluirão dependerá de nossa maneira
à nós de agir. Nesta perspetiva, se torna cada vez mais importante
que as Artes continuam a preencher um papel decisivo na criação
de novos espaços de diálogo.
A Grande Colheta da Esperança, é
o encontro de vinte países, seis continentes e perto de 2000 páginas
de escrita vindas de 400 jovens de 12 a 18 anos de idade, que nos dão
a ouvir o seu batimento humano. São ás suas palavras, seus ritmos,
suas histórias e seus silêncios que trinta jovens artistas do
teatro, da dança e da música, vindos dos seis continentes, vão
compartilhar com nós na criação da Grande Colheita
da Esperança em Belém. Vai ser um grande momento de
teatro no qual esta co-criação internacional carrega a esperança
de ver realizado um dos maiores desafios do siglo 21: dar uma voz a todos
os seres humanos.
La Gran Cosecha de Esperanza
Vivimos actualmente en una etapa decisiva de la historia de la humanidad.
Nuestras tradiciones conyugadas a la situación actual del planeta nos
indican que estamos en un periodo clave. La manera en la cual evolucionarán
las situaciones dependerá de nuestra forma de actuar. Dentro de esta
perspectiva, se hace más importante que las artes continúen
de tener un rol determinante en la creación de nuevos espacios de dialogo.
La Gran Cosecha de Esperanza es un encuentro de veinte países, seis continentes y cerca de 2000 páginas, escritas por 400 jóvenes de 12 a 18 años de edad, que nos dan a oír su batido humano. Son sus palabras, sus ritmos, sus historias y sus silencios que treinta artistas jóvenes de teatro, de danza y de música, viniendo de estos seis continentes, van a compartir con nosotros en la creación de La Gran Cosecha de Esperanza en Belém. Va a ser un gran momento de teatro, en lo cual esta co-creación international lleva la esperanza de ver la realización de uno de los mayores desafíos del siglo 21: dar una voz a todos los seres humanos.
The Great Harvest of Hope
The times in which we live are critical: our traditions and the planet’s situation
tell us that we are in a key period. The ways in which we evolve will greatly
depend upon our actions. Never has it been more important that the Arts continue
to play a crucial role in creating a space where dialogue is possible.
The Great Harvest of Hope
is the meeting of twenty countries, six continents and nearly 2,000 pages,
written by 400 young people between the ages of 12 and 18, that make us hear
their human beat. It is the words, the rhythms, the stories and the silences
of these youths that thirty young artists of drama, dance and music, hailing
from these six continents, will share with us in this creation of The
Great Harvest of Hope in Belém. We anticipate a great moment
of theater, in which this international co-creation expresses the hope of
seeing realized one of the major challenges of the 21st century: giving a
voice to every human being.











